A l’occasion du IXe Centenaire de la mort de Mathilde de Canossa
La comtesse Mathilde de Canossa était l’héritière d’une grande famille aristocratique du royaume d’Italie, venue de la région de Lucques (Toscane). Professant la loi lombarde, la famille était en quelque sorte le symbole des familles lombardes se réclamant d’une origine lombarde au sein du royaume d’Italie, héritier de celui lombard, conquis par les Francs en 774. Les héritiers de Charlemagne ont maintenu cette autonomie, mais se sont querellés pour le trône. En fondant un nouvel empire, héritier de l’empire carolingien en 962, les Ottoniens garantissent l’autonomie du royaume au sein de l’empire. La famille des Canossa sut prendre parti de manière fort habille au sein d’une époque troublée par les querelles dynastiques. La famille de Canossa, pont le nom provient de leur château situé dans les collines apennines à une vingtaine de km au nord-ouest de Reggio/Emilia, à environ 900m d’altitude. . Il faisait partie d’une chaîne de forteresses féodales au nord et au sud de la plaine du Pô, acquises par les ancêtres de Mathilde, leur permettant de faire reconnaître leur pouvoir, comme leur soutien aux souverains, dans une zone qui s’étendait du pied des Préalpes à la Toscane. Le château de Canossa doit son renom à la rencontre qui eut lieu en janvier 1077 entre le pape Grégoire VII et le souverain germanique Henri IV, venu implorer son pardon près du pape lors de la Querelle des Investitures.
Mathilde est surtout connue pour l’appui qu’elle a apporté aux papes réformateurs en conflit avec les empereurs germaniques. Son biographe, le moine bénédictin Donizone, a conté la vie difficile et les luttes qu’elle a dû soutenir au sein de l’Italie à la veille des autonomies communales pour maintenir son pouvoir au sein de sa principauté. Ses deux mariages, avec Geoffroy le Bossu, duc de Lorraine, puis avec Welf de Bavière ont été des échecs: elle n’a pu avoir un héritier. Ses deux testaments, l’un en faveur du pape, l’autre de l’empereur, ont été la base de querelles appelées à durer entre papes et empereurs jusqu’en 1250.
A Mathilde, entourée d’une cour brillante d’intellectuels, est due la naissance d’ouvrages littéraires importants, et surtout son soutien aux juristes de l’école de droit qui ont fait renaître le droit romain et de qui devait sortit l’université de Bologne. Elle favorisa et encouragea et favorisa la création de monastères, liés à l’ordre clunisien. . Elle ne sut s’opposer à la fermentation politique d’où devaient sortie les Communes dans le nord de l’Italie (Mantoue, Reggio/Emilia, Ferrare).
Enterrée au Monastère de San Benedetto Po, sa dépouille fut transférée en 1623 à St Pierre de Rome où son tombeau y fut préparé par Bernini. (texte de Pierre Racine)
Au cours de la soirée, le prix « Premio della Scola Federiciana’ sera remis au Prof. Racine pour avoir défendu, au niveau international, l’héritage laissé par Frédéric II pour l’épanouissement de la langue italienne. Entrée libre dans la mesure des places disponibles.
Réservations : resa.iicstrasburgo@esteri.it – tél. 0388455400